Application StopCovid, polémiques et vérité

Le projet StopCovid consiste en un projet d’application mobile française développé pour l’État, téléchargeable sur la base du volontariat et permettant de prévenir les personnes qui ont été en contact avec une personne testée positive tout en respectant leur anonymat !.

Les personnes alertées par l’application pourront ainsi être prises en charge très tôt par leur médecin, se confiner à leur tour et se faire tester si nécessaire.

L’utilisation de cette application est une démarche volontaire individuelle, les données anonymisées et la durée de mise en œuvre temporaire (le décret prévoit que les données seront supprimées dans les six mois suivant la fin de l’état d’urgence sanitaire).

Elle répond donc aux questions légitimes qui se sont posées quant au respect des libertés et la protection de la vie privée.

Saisie par le Gouvernement, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a d’ailleurs rendu le 25 mai un avis positif sur ce projet.

L’application est un outil qui vient compléter un dispositif plus global de déconfinement.

Son utilisation est un atout supplémentaire pour nos professionnels de santé et les équipes chargées des enquêtes sanitaires. Elle leur permettra d’alerter les cas contacts de personnes « anonymes » (croisées par exemple dans les transports en commun ou la queue du supermarché).

Elle permettra de prévenir immédiatement via l’application ces mêmes cas contacts, permettant de gagner plusieurs heures précieuses.

Elle est à la disposition des Français au lancement de la nouvelle phase du déconfinement, le 2 juin.

Mercredi 27 mai dernier, l’Assemblée nationale a validé par 338 voix contre 215 ce projet d’application.

Pour autant, des opposants de l’application StopCovid, autoproclamés spécialistes des systèmes informatiques, alimentent les craintes et les questionnements des citoyens en mettant en exergue une potentielle dangerosité en matière de libertés publiques, une supposée atteinte à la vie privée, ainsi que son inefficacité. 

Ce sont ces mêmes personnes qui quotidiennement utilisent les systèmes d’exploitation, les OS et hébergement de leurs data dans le Cloud américain ou ne trouvent rien à redire sur les logiciels de reconnaissance faciale qui, eux, posent un réel problème éthique !

C’est ainsi que Apple et Google imposent leur loi, forts du monopole que leur octroient tous les citoyens.

Nous sommes soumis à leur bon vouloir, comme l’a montré le bras de fer qui a eu lieu en raison du refus d’Apple et de Google de nous fournir leurs codes pour implémenter notre propre logiciel, sachant que ces mêmes GAFA souhaitaient imposer leur propre architecture logicielle.

Reconnaissons-le, nous sommes captifs.

Le véritable enjeu de StopCovid n’est donc pas celui qui focalise l’attention de ses adversaires, qui se plaisent à discourir sur le risque d’une éventuelle atteinte à notre liberté par ceux qui nous gouvernent, mais celui de l’abandon d’une partie de notre souveraineté nationale !

Les enjeux, éminemment stratégiques, sont ailleurs.

Si nous ne réagissons pas, nous ne vaincrons pas les Géants du Net.

Nous devons échapper à cette soumission trop longtemps consentie et occultée.

C’est une question de souveraineté, et donc de sécurité nationale.

Car, en vérité, comment fonctionne l’application StopCovid ?

Il s’agit d’une application open source, installée volontairement, protectrice de la vie privée, respectueuse du Règlement Général de Protection des Données, le fameux RGPD, et donc conforme aux prescriptions de la CNIL et de l’ANSSI.

Les données, toutes anonymisées dans le serveur, pourront être utilisées de manière statistique à des fins de recherche sur les modèles de diffusion de l’épidémie.

Strictement dédiée à la gestion de l’épidémie de Covid-19, le dispositif ne vise aucunement à s’assurer du respect des mesures de confinement – il est utilisé pour sécuriser le déconfinement -, ni de l’identification des zones dans lesquelles les personnes positives se sont déplacées.

A ce titre, l’application ne repose pas sur des données de localisation. Ce n’est donc pas une application de tracking.

Les collectivités locales se sont portées candidates pour être tiers de confiance, et c’est une initiative que je ne peux que saluer.

Non, nous ne serons donc pas « traqués » via StopCovid !

Connaissez-vous beaucoup d’applications qui réalisent un tel sans faute en matière de respect des libertés ?

Dans le cadre de la stratégie de déconfinement du Ministère de la Santé, le message reçu par les personnes alertées par l’application comme ayant été à proximité d’une personne diagnostiquée positive au Covid-19 leur permettra d’être prises en charge de manière adéquate.

Il n’y a donc aucune raison de se défier de ce dispositif, sécurisé par des garanties dont peu d’applications actuellement en fonctionnement peuvent se targuer, et dont l’usage est strictement limité à la pandémie actuelle.

En colportant des informations fausses, en émettant des critiques éthiques sans fondement, les opposants nous font voyager en « absurdie » car ils vont décourager un trop grand nombre de citoyens et pour le coup, l’application ne pourra pas servir au plus grand nombre et démontrer son efficacité.  

Cette démarche est d’autant plus contre productive que les membres du Gouvernement et les parlementaires se sont lancés dans une lutte contre les GAFA, et le véritable enjeu de StopCovid n’est donc pas celui qui focalise l’attention de ses adversaires, mais bel et bien l’abandon de notre souveraineté numérique nationale au profit des géants internet américains.

A mon sens, sur le sujet de la souveraineté numérique nationale, nous sommes très en retard et il nous faut effectivement mettre les bouchées doubles. C’est la position qu’adopte l’ensemble du groupe Modem à l’Assemblée Nationale.

Ainsi ce qu’il faut retenir de la période de crise sanitaire pour nous lancer dans un travail efficient et garantir égalité entre citoyens, et respect de la vie privé :

  • en prenant en compte la fracture numérique géographique encore trop prégnante en France, qui défavorise une partie de la population au quotidien, y compris dans l’emploi,
  • par l’acceptation de l’évidence de la fracture culturelle liée à la plus ou moins grande maîtrise de l’outil numérique par certains citoyens, entre autres, les plus âgées,
  • se rendre à l’évidence que l’achat de smartphone n’est économiquement pas à la portée de tous, et que de facto, une partie de la population n’a pas accès à certaines applications telle celle de StopCovid, ou aux systèmes d’alertes.

Un boitier est d’ores et déjà en cours de réalisation pour remédier à ce problème,

  • en menant un réel travail de coopération au niveau européen afin de bloquer la prise de pouvoir des géants américains qui ont le monopole des communications internet dans tous les foyers.

L’application StopCovid est une application unique et innovante dans la mesure où l’intelligence artificielle est au service d’une intelligence humaine raisonnée, raisonnable et bienveillante.

StopCovid est pour nous l’occasion d’apporter une avancée même si elle reste modeste, à la construction de notre indépendance numérique.

Nécessaire au suivi de l’épidémie sur la période du déconfinement, elle représente par ailleurs une première victoire contre les GAFA qui nous tiennent dans leurs filets et mérite donc d’exister et prospérer dans nos usages quotidiens.