L’avenir de nos écoles

Pour mémoire, je me situe dans la majorité présidentielle mais je siège au sein du groupe MoDem et apparentés ; de plus, je fais partie de la Commission des Affaires Culturelles et de l’Education et c’est ainsi que j’ai le plaisir de vous présenter les différentes réformes auxquelles j’ai pu participer.

La France connaît aujourd’hui de nombreux défis auxquels elle, mais aussi les Français, sont confrontés. L’école en est le combat premier. C’est en renforçant notre système scolaire que nous pourrons garantir la cohésion sociale et la prospérité de la France : en effet, l’école doit être un lieu de réalisation personnelle, adaptée aux élèves et à leurs projets.

Les élèves sont trop souvent les oubliés des réformes de notre Education Nationale. Notre principal objectif, celui qui doit présider à toute décision, c’est donc avant tout la réussite et l’épanouissement de chaque élève.

Un constat préoccupant :

Trop nombreuses sont les inégalités dans notre système éducatif, ne permettant qu’au plus petit nombre de s’accomplir professionnellement. Le déterminisme social s’accroît et l’insertion professionnelle des jeunes les moins qualifiés est en panne.

  •  Les élèves français sont parmi les plus anxieux de l’OCDE.
  • Les parents éprouvent parfois de la défiance face à un système qu’ils méconnaissent et qui ne joue plus son rôle d’ascenseur social.
  • 80% des professeurs des écoles sont fiers d’exercer ce métier, mais 71% se déclarent impuissants. Au collège et au lycée, seuls 6 enseignants sur 10 se déclarent « bien ou très bien préparés » alors qu’ils sont 9 sur 10, en moyenne, dans les autres pays.

Encourager la voie de l’apprentissage

Nous avons lancé une concertation le 10 novembre 2017 au ministère du travail en présence de trois ministres pour travailler sur la voie de l’apprentissage. En effet, alors que notre pays compte plus de 1,3 millions de jeunes sans emploi et sans qualification, le développement de l’apprentissage constitue l’une des clés de réussite pour vaincre, enfin, le chômage des jeunes. Cependant seulement 7% des 15-25 ans passent par la voie de l’apprentissage.

L’apprentissage constitue pourtant une voie de réussite, une promesse solide d’insertion professionnelle et d’inclusion sociale pour les jeunes. Sept mois après leur sortie de formation, 70% des anciens apprentis ont un emploi. Le 27 avril 2018, le projet de loi a été adopté en conseil des ministres le but étant :

 Une revalorisation du statut de l’apprenti et du maître d’apprentissage ;

 Les freins levés pour permettre aux entreprises et aux branches professionnelles de pleinement s’engager ;

 Plus de transparence tout en encourageant l’innovation.

100% de réussite en CP

Les compétences des enfants français en matière de langue écrite reculent à grands pas, indiquent les chiffres de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère français de l’Education.

Des tests ont montré que l’an dernier, sur une dictée de 67 mots, sans difficulté linguistique particulière, des enfants français de 10 ans ont réalisé en moyenne 17,8 fautes, soit une hausse de 3,5 fautes sur une période de 8 ans.

Pour combattre la difficulté scolaire dès les premières années des apprentissages fondamentaux et soutenir les élèves les plus fragiles, les classes de CP des REP+ ont, par exemple, été dédoublées à la rentrée 2017.

L’objectif global pour TOUS est « 100% de réussite en CP » : garantir, pour chaque élève, l’acquisition des savoirs fondamentaux – lire, écrire, compter, respecter autrui.

Réformer l’enseignement des mathématiques en France

Le constat a été fait que le niveau des élèves français en mathématiques se dégradait : le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a chargé Cédric Villani, député LREM, et Charles Torossian, inspecteur de l’éducation nationale, de fournir un rapport. La France est en effet à la traîne ; elle est dernière en Europe selon le classement Tims et seulement 36eme dans le monde. Le rapport remis le 12 février 2018 propose 21 mesures pour remettre la France dans le haut des classements internationaux.

L’interdiction du téléphone au primaire et au collège

Mesure annoncée durant la campagne du président Emmanuel Macron, la proposition de loi a été examinée par la commission des affaires culturelles et de l’éducation le mardi 29 mai et le jeudi 7 juin, les députés ont adopté la loi en première lecture. Il est aujourd’hui important d’encadrer l’usage du téléphone portable dans les écoles et les collèges en interdisant son utilisation par les élèves, non seulement en salle de classe, mais également dans les couloirs des établissements et même à la récréation. En effet, l’usage intensif du téléphone par les plus jeunes (93% des 12-17 ans disposent d’un portable) a des externalités négatives tant du point de vue éducatif que des enjeux de vie scolaire. J’ai soutenu la proposition de loi du groupe LREM dans sa volonté de faire de l’école un lieu qui ne soit pas soumis aux interférences induites par l’utilisation du portable dont les effets négatifs touchent autant à la civilité à l’école qu’à la santé publique.

Vers une gratuité des transports scolaires ?

Nous avons travaillé sur une proposition de loi souhaitant rendre les transports scolaires gratuits. Devant le constat du coût des transports scolaires, le groupe Gauche Démocrate et républicaine (GDR) souhaite introduire dans la loi le principe de leur gratuité. En effet, le transport représente selon l’ANATEEP (association nationale pour les transports éducatifs de l’enseignement public) en moyenne 800€ par an à la charge des familles. Les transports sont empruntés par plus de 3,8 millions d’élèves. Des inégalités entre les territoires persistent faisant passer du simple au double les prix. Cependant si l’on comprend bien la nécessité de favoriser l’accès aux transports des élèves, il ne faut pas se cacher derrière des principes louables mais démagogiques. Il n’y a pas de gratuité : il y a toujours quelqu’un qui paye. Des mesures peuvent être trouvées pour ajuster le coût des transports à la situation des familles. La loi a été rejetée le 8 mars 2018.

Proposition de loi visant à simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture des établissements privés hors contrat

Nous avons adopté une loi visant à mieux encadrer le régime d’ouverture des établissements privés hors contrat 13 avril 2018 et a été publiée au Journal officiel du 14 avril 2018. Les établissements privés connaissent un dynamisme important depuis une dizaine d’années. De 800 établissements en 2010, leur nombre s’élève aujourd’hui à 1300. L’établissement scolaire hors contrat est un établissement qui n’a pas signé d’accord avec l’Etat.

La loi prévoit un contrôle annuel de chaque établissement ou classe hors contrat. De plus, les services de l’Éducation nationale devront prévenir le préfet et le procureur de la République au cas où l’enseignement dispensé est contraire à la moralité, aux lois, ou si les activités menées au sein de l’établissement sont de nature à troubler l’ordre public.

La proposition de loi prévoit également que les directeurs d’un établissement du second degré privé doivent avoir exercé pendant au moins cinq ans les fonctions de professeur ou de surveillant dans un établissement scolaire du second degré. Les conditions d’âge, de nationalité et de capacité qui s’appliquent aux directeurs et enseignants du second degré technique sont étendues à leurs homologues du second degré général.

Sauvons nos AESH !

Nous connaissons tous l’investissement et le travail considérable que ces personnels effectuent auprès des élèves en situation de handicap pour favoriser leur insertion dans les établissements scolaires. Le gouvernement et les ministres Blanquer et Cluzel sont investis sur ce sujet particulier afin de garantir aux personnels concernés des conditions de travail dignes. Le recrutement de plus de 8000 personnels supplémentaires à la rentrée 2017 est un engagement du président de la République qui souhaite une école plus inclusive pour tous les publics. Ces nouveaux contrats se font sur la base de CDD de trois ans minimum ou de CDI. Le prochain débat autour de la loi de finances pour 2019, qui s’ouvrira à l’automne prochain, sera pour moi l’occasion d’œuvrer en faveur de ces personnes.

Vers des cantines végétariennes ?

Le groupe du mouvement démocrate et apparentés auquel j’appartiens est fortement mobilisé afin de défendre les filières françaises ainsi qu’une alimentation de qualité, issue d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Cependant aucune conclusion relative à l’instauration de menus végétariens n’a été avancée dans le cadre des ateliers des EGA. Je suis, avec l’ensemble des députés du groupe Modem, entièrement mobilisé et je continuerai de défendre la qualité de nos assiettes dans la restauration collective publique. Il importe, en effet, de conforter l’ancrage territorial de notre alimentation.